Le budget de la Sécurité sociale pour 2027 arrive dans l’hémicycle la semaine prochaine, et plusieurs de ses mesures touchent directement le porte-monnaie des familles. La principale : les allocations familiales et la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) ne seraient pas revalorisées l’an prochain. Pour les parents, cela signifie des montants figés pendant un an, alors que les prix, eux, continuent d’augmenter.
Les points :
Ce que prévoit le texte pour les familles #
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 a été présenté en Conseil des ministres le 1er octobre et déposé le jour même à l’Assemblée nationale, comme l’indique le dossier législatif de l’Assemblée. Son objectif affiché est de réduire nettement le déficit de la Sécurité sociale, et les prestations familiales font partie des leviers retenus.
Selon le détail publié par BoursedesCrédits au lendemain de la présentation, les allocations familiales et la Paje ne seraient pas revalorisées en 2027. Les minima sociaux comme le RSA ou l’allocation aux adultes handicapés resteraient, eux, indexés sur l’inflation.
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Concrètement, pour un foyer avec enfants
Un gel ne fait pas baisser le montant versé chaque mois : la somme reste la même qu’aujourd’hui. Mais comme les dépenses du quotidien (alimentation, énergie, vêtements, frais de garde) progressent, le pouvoir d’achat réel de ces aides s’érode. Plus la famille est nombreuse et dépend de ces versements, plus l’effet se fait sentir sur l’année.
La Paje recouvre plusieurs aides liées à l’arrivée et à la garde d’un jeune enfant. Les parents qui attendent un bébé ou qui ont un enfant de moins de trois ans sont donc les premiers concernés par cette mesure, au même titre que les familles de deux enfants et plus qui perçoivent les allocations familiales.
L’allocation de rentrée scolaire bientôt revue #
Autre chantier annoncé : l’allocation de rentrée scolaire (ARS) doit être réformée afin de mieux tenir compte de l’âge des enfants. Le gouvernement prévoit une concertation préalable, et ni le calendrier ni le contenu précis de cette réforme ne sont connus à ce stade. Les familles qui comptent sur cette aide fin août n’ont donc, pour l’instant, aucune raison de modifier leurs prévisions pour la rentrée 2027, mais le sujet mérite d’être suivi.
Une condition de résidence pour certaines familles étrangères #
Le texte introduit aussi une durée minimale d’un an de résidence régulière en France pour percevoir plusieurs prestations familiales et aides au logement, lorsqu’il s’agit de ressortissants hors Union européenne. D’après La Chaîne parlementaire, sont visées notamment la Paje, les allocations familiales, le complément familial, l’allocation de soutien familial et l’allocation de rentrée scolaire.
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De nombreuses situations sont exclues : ressortissants de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse, bénéficiaires d’une protection internationale, titulaires d’une carte de résident, personnes autorisées à travailler, ou encore ressortissants de pays liés à la France par une convention de sécurité sociale. L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé et l’allocation journalière de présence parentale ne sont pas concernées. La mesure est vivement débattue entre les groupes politiques.
Associations et acteurs sociaux inquiets #
Les réactions n’ont pas tardé. L’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas) dénonce, selon Localtis, le média de la Banque des Territoires, « le gel inédit de plusieurs prestations sociales », parmi lesquelles les prestations familiales, la prime d’activité et les aides au logement. Elle prévient que des familles risquent de devoir se tourner vers les CCAS et les associations pour faire face aux dépenses courantes.
Le texte prévoit par ailleurs de remplacer la majoration de 10 % des pensions de retraite accordée aux parents de trois enfants et plus par un montant forfaitaire. Le gouvernement présente cette réforme comme neutre pour les finances publiques et plus favorable aux femmes.
Rien n’est encore voté #
Il s’agit à ce stade d’un projet. Le PLFSS sera débattu en séance publique à l’Assemblée nationale à partir du mardi 20 octobre, puis au Sénat, avant une adoption attendue d’ici la fin de l’année. Des amendements peuvent modifier, voire supprimer, le gel des prestations familiales.
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En attendant, quelques gestes simples permettent d’y voir plus clair. Vérifier ses droits sur le simulateur de la Caf reste utile, surtout après un changement de situation (naissance, séparation, perte d’emploi), car certaines aides sont sous-estimées ou jamais demandées. Signaler rapidement toute évolution de revenus ou de composition du foyer évite aussi les mauvaises surprises. Et pour les parents qui préparent leur budget 2027, mieux vaut tabler sur des aides identiques à celles d’aujourd’hui plutôt que sur une hausse.
Nous suivrons l’évolution du texte au fil des débats, notamment sur la question des prestations familiales, qui concerne une grande partie des foyers avec enfants.




